Pèlerinage de la Fête de Saint Joseph Artisan, 1er mai 2007

Nous n'avons pas oublié que nous sommes en période électorale et notre pèlerinage au sanctuaire de Roussas aujourd'hui est même un temps fort pour réfléchir à nos préoccupations. D'ailleurs, lorsque nous venons ici c'est bien avec tous nos soucis ; avec toutes nos préoccupations et en prenant notre journée pour venir, nous savons que nous allons confier tout cela à la prière de l'Église et à l'intercession de St. Joseph. Il est bien rare que nous venions sans le souci de quelqu'un d'autre. Nous ne venons pas tout seuls car les liens que nous tissons avec les autres ne s'oublient pas dans une telle démarche.

Ce que nous accueillons de la mission de St. Joseph, c'est une fois de plus qu'elle a une portée universelle. Ce n'est pas pour son propre bonheur qu'il accepte la mission que Dieu lui confie. Avec Marie il choisit de donner le Fils de Dieu à l'humanité. Je pense que c'est important que nous nous souvenions de cette réalité au moment où nous aussi nous prenons un engagement qui ne nous regarde pas seulement nous mais qui est pour le service du peuple de notre pays.

Nous votons pour qu'une personne prenne la responsabilité de la nation, notre geste a une portée qui nous dépasse. D'ailleurs nous savons bien que nous ne sommes pas capables, tout seuls, de porter les problèmes de toute une nation même si la participation de chacun est indispensable en tant que membre de ce peuple.

C'est aussi aujourd'hui la fête de St. Joseph travailleur, ce qui veut dire qu'au fur et à mesure de l'histoire de l'humanité la valeur du travail est devenue importante. C'est Pie XII qui a proclamé St. Joseph patron des travailleurs. Avec Jésus il a vécu de son travail et, il a pu découvrir que par ce que l'on construit, par ce que l'on fabrique c'est la création que l'on améliore. C'est aussi par le travail que l'on prend sa place dans la vie sociale et que l'on gagne de quoi vivre. Pour Joseph, le travail fut un épanouissement mais il sait aussi qu'aujourd'hui le travail est devenu un des grands problèmes de notre vie quotidienne. Le travail ne respecte pas toujours l'homme et il peut même l'écraser et le réduire en esclavage.

Ceux qui seront élus auront sûrement à organiser les conditions de travail pour le respect de chaque travailleur et ils auront aussi à mettre en place une justice qui empêche l'argent de tout diriger dans les mains de quelques-uns et la possibilité des travailleurs de vivre décemment de leur salaire.

Les évêques de France ont voulu aider notre réflexion au moment où nous aurons à voter plusieurs fois. Et le titre qu'ils ont donné à leur texte « Qu'as-tu fait de ton frère ? » souligne bien la portée de ce que nous sommes appelés à faire. Nous sommes invités à construire un peuple de frères plutôt qu'un peuple où les inégalités gèrent les relations entre les hommes.

Dans le texte de nos évêques je prends quelques citations au sujet d'un chantier de la fraternité, celui du travail et de l'emploi. "Il nous est rappelé qu'il n'y a pas de bonne économie sans le respect des personnes... Le travail est un bien de l'homme, il est un bien de son humanité, car par le travail non seulement l'homme transforme la nature en l'adaptant à ses propres besoins, mais encore il se réalise lui-même comme homme et même, en un certain sens, il devient plus homme... La caractéristique du travail est avant tout d'unir les hommes et c'est en cela que consiste sa force sociale : la force de construire une communauté. Travailler est un facteur d'intégration. Travailler est l'un des chemins par lequel l'homme et la femme se réalisent et font société."

En ce jour où nous nous tournons vers St. Joseph le travailleur que l'Église nous donne en exemple, demandons-lui que nous soyons heureux de construire ensemble une Église signe de liberté et de fraternité humaine. Ce sera là notre témoignage qui est conforme à notre baptême.

Père André ARNAUD, responsable de la paroisse